Vous avez choisi le modèle et calculé la subvention. Puis l’installateur descend au sous-sol, ouvre le panneau électrique et fronce les sourcils. Dans bien des maisons construites entre 1970 et 1990 à Laval, à Repentigny et ailleurs sur la Rive-Nord, c’est là que le projet de thermopompe ralentit. Les guides d’achat comparent les marques, les BTU et les cotes d’efficacité, mais ils parlent rarement de ce boîtier gris. C’est pourtant lui qui décide si l’appareil peut être branché, à quel prix et dans quel délai.
Ce qu’une thermopompe demande au panneau
Une thermopompe fonctionne sur un circuit de 240 volts qui lui est réservé. Une murale simple se contente souvent d’un disjoncteur de 15 ou 20 ampères. Une multizone ou une centrale en demande plutôt 30 à 50. Si l’on ajoute une fournaise électrique comme appoint, celle-ci peut tirer à elle seule plus de 60 ampères.
Il faut donc deux choses. D’abord de la place : un disjoncteur double occupe deux espaces dans le panneau. Ensuite de la capacité : l’entrée électrique doit pouvoir fournir ce courant en plus de tout ce qu’elle alimente déjà. Un panneau peut avoir des espaces libres et une entrée saturée, ou l’inverse. Les deux problèmes ne se règlent pas de la même façon.
100 A ou 200 A : comment le savoir
Regardez le disjoncteur principal, généralement en haut du panneau : le chiffre inscrit dessus (100, 125 ou 200) indique la capacité de votre entrée. À l’époque, 100 A suffisait : personne ne prévoyait une thermopompe, encore moins une voiture électrique. Or une entrée de 100 A alimente déjà les plinthes, le chauffe-eau, la cuisinière et la sécheuse. Ajoutez un spa ou une borne de recharge, et il ne reste plus grand-chose.
Seul un calcul de charge fait par un maître électricien dit s’il reste assez de marge. Il tient compte de la superficie de la maison, du chauffage, des gros appareils et des ajouts prévus, selon le chapitre Électricité du Code de construction du Québec. Le résultat surprend parfois dans le bon sens : un bungalow de taille modeste, sans spa ni borne, peut très bien accueillir une thermopompe murale sur son entrée de 100 A.
Les signes d’un panneau en fin de vie
L’ampérage n’est pas le seul critère. Certains panneaux doivent être remplacés même si la capacité est là :
- des fusibles à visser plutôt que des disjoncteurs;
- une entrée de 60 A, encore présente dans de vieux plex et de petites maisons;
- des traces de surchauffe ou de rouille, ou une odeur de brûlé;
- des disjoncteurs qui sautent régulièrement;
- aucun espace libre, ou deux circuits raccordés sur un même disjoncteur.
Votre assureur peut aussi avoir son mot à dire : plusieurs compagnies posent des questions sur l’âge du panneau et la présence de fusibles au moment de renouveler une police.
Trois scénarios, trois budgets
- Il reste de la capacité et de l’espace. L’électricien ajoute un disjoncteur double, tire le câble jusqu’à l’unité extérieure et pose un sectionneur près de l’appareil : quelques centaines de dollars.
- Il reste de la capacité, mais plus d’espace. Un panneau secondaire règle le problème, pour quelques centaines de dollars de plus.
- L’entrée est saturée. Il faut passer à 200 A : nouveau panneau, nouvelle embase de compteur, souvent un nouveau mât, et une coupure à coordonner avec Hydro-Québec. Comptez de 3 000 $ à 4 200 $ environ en 2026, davantage si le panneau doit être déplacé.
Si c’est une borne de recharge qui sature l’entrée, un contrôleur de charge peut parfois libérer la marge nécessaire sans tout changer.
Si vous passez à 200 A, pensez plus loin que la thermopompe. Borne de recharge, spa, atelier, logement au sous-sol : c’est le moment de prévoir ces besoins, parce qu’on ne refait pas une entrée électrique deux fois.
Et si le système demandait moins de courant?
Le choix du système change le calcul. Une thermopompe centrale jumelée à une fournaise électrique est la combinaison la plus gourmande. La même thermopompe jumelée à une fournaise au gaz naturel, en biénergie, demande beaucoup moins au panneau, puisque l’appoint ne passe pas par l’entrée électrique. Encore faut-il que le gaz naturel se rende chez vous.
Dans une maison sans conduits, une ou deux murales qui laissent les plinthes existantes en appoint ajoutent peu de charge. Un bon installateur présente ces options avant de conclure qu’il faut tout refaire.
Dans quel ordre procéder
Avant de demander une soumission à un installateur comme StéFanAir, qui vend, installe, entretient et répare des thermopompes et des fournaises à Laval et sur la Rive-Nord depuis plus de 30 ans, prenez une photo du panneau, porte ouverte, et notez l’ampérage du disjoncteur principal. Ces deux informations permettent de savoir tout de suite si un électricien doit passer avant la date d’installation. Sinon, vous risquez d’apprendre le jour même que rien ne peut être branché.
Si un doute subsiste, faites faire le calcul de charge avant de signer. Vous connaîtrez le coût complet du projet, électricité comprise, et vous pourrez comparer les soumissions sur la même base.
Au Québec, les travaux sur le panneau sont réservés aux maîtres électriciens. Une mise à niveau demande de coordonner l’électricien et Hydro-Québec : prévoyez un délai, surtout à l’automne, quand tout le monde veut sa thermopompe avant les premiers froids. Une fois le panneau réglé, le reste de l’installation se fait souvent en une journée.


